L'osmologie, ou sciences des odeurs, de l'odorat et de l'olfaction, s'est constituée en domaine de recherches émergent depuis une trentaine d'années. Cet essor est sensible dans des champs disciplinaires aussi divers que complémentaires.
L'ambition de ce
colloque prévu les 16 et 17 juin 2008 à la cité des Congrès de Nantes est de permettre la rencontre de chercheurs d'horizons différents, spécialistes de disciplines parfois très techniques mais qui doivent pouvoir dialoguer. C'est à cette condition que peut se constituer une image à la fois fidèle et cohérente de ce qui fondait, sur le plan olfactif, la communauté matérielle et culturelle des Grecs. Car il s'agit rien moins que de contribuer à l'analyse du lien social et territorial des Grecs, avec eux-mêmes et avec les peuples qui commercent avec eux. Parmi les participants, on trouvera donc des archéologues de terrain, qui fouillent des installations « odorantes » (ateliers de parfumerie, installations d'hygiène urbaine ou domestique, dépôts votifs) ; un chimiste spécialiste des analyses sur matériel vinaire antique ; une spécialiste de botanique et un parfumeur, qui ont travaillé à l'identification des espèces végétales et à la reconstitution de formules antiques ; des historiens (spécialisés dans la zootechnie, la médecine et le sport antique) et des spécialistes des sources littéraires et épigraphiques (en particulier, pour les représentations sociales ou ethniques de l'altérité, par le champ olfactif).
Ce colloque fait suite à une première
journée d'étude qui s'est tenue le 14 juin 2007 à l'université et qui était consacrée à l'odorat et à l'olfaction : les communications présentées ont abordé les théories anciennes sur l'anatomie et le fonctionnement de l'odorat. Elles faisaient en particulier état des obstacles épistémologiques et des défis scientifiques que l'osphrésiologie a rencontrés, jusqu'aux perspectives de la recherche contemporaine.
Déesse jusqu'au bout du nez, Idothée préfère l'ambroisie aux mauvaises odeurs et sait se prémunir contre elles. Pour aider Ménélas à approcher son père Protée, au milieu de ses phoques et de leur puanteur, elle imagine une double ruse : cacher le héros sous la peau d'une de ces bêtes et le protéger du supplice olfactif, en dispensant un peu de ce parfum divin aux humaines narines (Homère, Odyssée, IV, 365-450).
Les Grecs ne sont pas tous des dieux comme Idothée, mais ils sont presque aussi sensibles qu'elle. Ils partagent leur monde olfactif en deux valences : l'euôdia et la dysôdia. Notions tranchées, pour des réalités aux contours plus flous : il faut en rechercher la définition et les interactions, en contexte et dans le temps. Cette enquête doit explorer la matière, les gestes et les idées pour comprendre la lecture que les Grecs faisaient de leur environnement olfactif et les mesures qu'ils prenaient en conséquence : lecture pragmatique, sociale, savante, affective, symbolique.
Les communications du présent colloque se rattacheront aux domaines suivants :