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Les nouvelles communautés de l’action politique, entre affirmation de soi, posture éthique et visée politique. Des actes individuels à la collectivisation des luttes

Virginie Grandhomme (début de thése : octobre 2007)

Directeur de recherche : Sylvain Maresca Laboratoire de recherche : CENS

Cette thèse se propose d'interroger les effets des récentes mutations dans les modes d'engagements politiques et plus particulièrement l'émergence d'espaces d'engagements alternatifs.

Partant du constat de la progressive perte de légitimité des lieux traditionnels de l'expression des luttes politiques (partis, syndicats, associations), il s'agit pour nous de réfléchir en terme dynamique ce qui nous apparaît être, moins un déclin des processus d'engagements, qu'une adaptation de ces derniers aux changements sociaux à la fois plus profonds et plus globaux qui caractérisent l'ère de la mondialisation.

Cette étude s'appuie sur l'investigation simultanée et comparée de plusieurs organisations politiques dites alternatives et/ou libertaires (réseaux d'Amap, réseaux de tontine, Promoteur/développeurs du logiciel libre, Graffeurs, Casseurs de pub, Décroissants, Désobéissants, Troupes de théâtre de l'opprimé) dans la Région des Pays de la Loire. Afin d'asseoir et de renseigner notre démarche comparative, nous nous efforcerons de dépeindre d'un point de vue ethnographique les caractéristiques de chacun de ces espaces.

Cette double entrée méthodologique nous permettra par la suite d'interroger le caractère alternatif de ses organisations au-delà des objets et des moyens particuliers de leurs luttes. De fait, ces dernières partagent un certain nombre de caractéristiques organisationnelles communes (horizontalité, des/organisation, libre association, pensée-action, individualisme relationnel, activisme). Sur cette base, nous nous proposons de faire émerger un modèle d'analyse qui permettra d'expliquer aux niveaux structurel, organisationnel et individuel, ce qui fonde l'originalité politique de ces espaces.

De fait, ces organisations sont le lieu d'une démarche politique réfléchie, organisée et actée par le bas. Elles incarnent et créent dans le même mouvement une manière radicalement nouvelle de s'engager politiquement tant individuellement que collectivement. Ainsi, au-delà de leur capacité à fonctionner sur la base de modèles organisationnels alternatifs, nous faisons l'hypothèse qu'elles sont aussi le lieu d'émergence d'une nouvelle forme de «  je politisé ». Au sein de ces groupes, les individus feraient une expérience plus directe de la citoyenneté via une démarche d'engagement fondée sur l'articulation systématique entre la réflexion politique et la traduction en actes de ses résultats.

Le plaisir politique, l'engagement librement consenti et  négocié, et la mise en place d'actions concrètes permettraient aux individus de passer du statut d'acteur social principalement institué, à celui d'un acteur social tout aussi instituant. Cette dernière proposition, nous amènera à discuter l'existence d'une « citoyenneté cumulative » qui articulent les formes démocratiques institutionnelles (par le haut), et celles mises en œuvre de manière autonome par les individus (par le bas).

mis à jour le : 14/01/2013


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