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Maison des Sciences de l'Homme
Ange-Guépin


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Métiers pénibles, mobiles et éloignés : questionner la singularité de la pêche artisanale

1 avril 2016
9h-17h45

Programme COSELMAR - Fédération de Recherche IUML, FR CNRS 3473, agréé par le Conseil scientifique de la MSH Ange-Guépin et financé par la Région Pays de la Loire   /    Centre Nantais de Sociologie (CENS) - FRE 3706


Cette journée d'études consacrée aux métiers pénibles, dangereux et éloignés est organisée dans le cadre du programme COSELMAR par Marie Charvet et Hélène Desfontaines (CENS).


Qu'il s'agisse d'œuvres de fiction, de reportages ou de documentaires, les mises en récits ou en images des marins-pêcheurs présentent des travailleurs en butte à la dureté du métier, au gros temps et à la solitude, face à une nature puissante mais généreuse. Cette forme d'héroïsation des travailleurs de la mer va de pair avec un statut social particulier : les marins-pêcheurs sont inscrits à un régime particulier de sécurité sociale et relèvent d'une administration spécifique, les Affaires maritimes. Cette dérogation à la règle générale se retrouve au niveau de la rémunération: l'équipage est toujours rémunéré « à la part », du moins pour la pêche artisanale, même s'il existe depuis 2008 une garantie mensuelle.

Les marins-pêcheurs revendiquent - avec succès jusqu'ici - un régime d'exception, au nom de l'outil technique que leur activité mobilise (le navire, qui fait historiquement du marin une ressource pour la défense nationale) et des conditions spatio-temporelles dans lesquelles elle s'exerce (la mer, que sillonne le marin-pêcheur, parfois sur de longues distances, pour des périodes plus ou moins longues).

Ces dispositifs historiques de régulation et de fermeture du marché du travail produisent des effets sociaux structurants, que ce soit sur le groupe professionnel ou sur ses rapports avec la société. Ils contribuent entre autres au maintien d'une culture de métier, qui crée « les conditions, objectives et subjectives, pour qu'il y ait [...] une identification entre les destins individuels et les destins collectifs1 ». Ainsi, en ce qui concerne leurs manières de penser et d'organiser le travail, mais aussi leur mode de vie, les marins-pêcheurs se perçoivent et se décrivent par opposition aux « terrestres ».

Notre objectif est de désexotiser ce groupe professionnel aussi remarquable que distingué par ses conditions spatio-temporelles et physiques d'exercice, en faisant le pari heuristique de sa non-singularité et du décentrement. Nous souhaitons convoquer, pour ce faire, d'autres travailleurs mobiles qui utilisent des outils techniques plus ou moins uniques (bateliers, bûcherons, skippers...), afin d'observer comment ils s'emparent de cette mobilité et de cette singularité de l'outil. Sont-elles mises au service de la revendication d'une reconnaissance sociale et institutionnelle de leur particularité ? Cette revendication est-elle couronnée de succès ? Si tel est le cas, quelle forme la reconnaissance prend-elle: barrière à l'entrée qui protège le marché du travail, régimes dérogatoires ? Quel est son rôle éventuel dans la persistance des conditions d'exercice ?

Il s'agira, dans un premier axe, de mettre à jour le processus historique de construction sociale d'une catégorie de métier à part. Jamais vraiment stabilisés, traversés par des phénomènes de contestation, de revendication ou encore d'appropriation, les métiers sont aussi des configurations mouvantes. Un deuxième axe portera sur ces processus dynamiques de remise en cause des métiers, de leur licence et de leur mandat, mais aussi de réactions face à ces contestations. Enfin, les transformations des groupes professionnels sont aussi les effets de dynamiques internes. C'est pourquoi un troisième axe questionnera les reconfigurations à l'œuvre et l'émergence de nouvelles formes d'arrangements et autres régulations dé-singularisant (peut-être) le métier mais permettant (peut-être) aussi son maintien.
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1 C. Paradeise et P. Tripier (dir.) (1986), Travailler dans le transport, Paris, L'Harmattan, p. 12. 


Programme

8h30 - 9 h : Accueil
9h - 9h30 : Ouverture

  • 9h30 - 12h - Légitimité et contestation

Stéphanie Brulé-Josso, CRBC (centre de recherche bretonne et celtique) CREAD (centre de recherche sur l'éducation, les apprentissages et la didactique), UBO, Brest.
Responsable de Divers citéS, Scop Chrysalide - CAE 29, Quimper.
Nouvelles légitimités à « être marin » dans les univers maritimes professionnels et plaisanciers: la préservation des ressources communes ?

Florent Schepens, Centre Georges Chevrier - Savoirs : normes et sensibilités, UMR 7366, CNRS, Université de Bourgogne
Risques et culture professionnelle, les forestiers et les tâcherons-bucherons

Pause déjeuner


  • 13h30 - 15h30 - Construction socio-historique des catégories

Jean-Louis Lenhof, Centre de Recherche d'Histoire Quantitative, UMR 6583 CNRS/Université de Caen-Normandie
Mondes de la pêche, État et marine de guerre : trois siècles dans le giron de l'Inscription maritime française, des années 1660 aux années 1960

Denis Biget, CRBC, EA 4451-UMS 3554, Université de Bretagne occidentale-Brest
« La pêche, c'est dur ? Ben ça dépend du métier que tu fais. » De l'image à la réalité pour des jeunes en formation à la pêche maritime.

15h30 - 15h45 : Pause


  • 15h45 -17h45 - Transformations internes des métiers

Serge Dufoulon, UFR de sociologie, Université Pierre Mendes-France, Grenoble
Marine nationale : comment se constituent les identités socio professionnelles des marins ?

Claire Flécher, Institutions et Dynamiques Historiques de l'Économie et de la Société, IDHES UMR 8533, Paris10
Les papiers ou l'action? La sécurité à bord des navires de commerce prise entre flux tendu, éclatement des collectifs, et rapport ludique au travail

Type :
Colloques et journées d'études
Contact :
Lieu(x) :
Université de Nantes
Campus Tertre
Salle du CENS, bât. F0, site Recteur Schmidt
Plan d'accès

mis à jour le : 15/03/2016


Documents à télécharger

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De la gare SNCF :
  • Tramway Ligne 1 direction F. Mitterand, arrêt Place du commerce
  • Tramway Ligne 2 direction Orvault Grand Val, arrêt Ecole Centrale Audencia

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