(Groupe d'échanges et de recherches sur la médecine et la santé en sciences humaines et sociales).
Présentation :Énoncer que les découvertes scientifiques en matière de santé et médecine permettent des progrès considérables dans la prise en charge des patients et dans le repérage de nouvelles maladies semble relever du simple truisme. En effet, ces avancées ont permis au fil du temps de modifier les pratiques des soignants. De la même manière, ces progrès ont facilité la définition de nouvelles pathologies, conduisant à ce que l'on traduit bien souvent par le terme de médicalisation. Mais ils ont aussi permis l'approfondissement des connaissances relatives à des maladies plus anciennes. Au point parfois, de considérer, par un processus de dépathologisation, que certaines n'en étaient plus. Par exemple, certains auteurs rappellent combien la décision de prescrire ou non la pratique de la circoncision sur les jeunes Américains repose peu sur des arguments sanitaires. De même, de nombreux historiens rappellent que la décision de faire sortir l'homosexualité du manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) relève essentiellement d'un vote d'opinion. Perçus ainsi, le savoir médical et la pratique de la médecine relèveraient donc d'un discours scientifique sensible à la connaissance extérieure dont les origines, mais aussi la place, resteraient difficiles à déterminer. On peut, par exemple, interroger les prescriptions et proscriptions « régissant » les conduites alimentaires pour savoir si elles relèvent uniquement de précautions sanitaires ? On peut aussi se demander comment trouvent à s'argumenter les différents positionnements touchant au coucher du bébé ? Ou si les débats et interdits concernant les conduites addictives ne reposent effectivement que sur des arguments médicaux ?
Nous proposons de discuter durant ces journées d'étude la manière dont ces changements trouvent parfois à se justifier par des arguments non spécifiques à ces mêmes disciplines. Dit autrement, il est parfois difficile de faire coïncider des décisions de prescription ou de proscription de pratiques ou encore la décision de considérer telle ou telle manifestation comme relevant du pathologique ou non à des légitimations strictement médicales, reposant sur les seuls effets d'amélioration des connaissances.
> Voir Le programme complet des journéesCoordinateur : Cédric Le Bodic, Docteur en Psychologie, chargé de mission réseau GERMES-SHS, Ingénieur de recherche, MSH Ange-Guépin, Nantes