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AAC Colloque TEDS 2018 : Axes

Colloque « Territoires et décrochages scolaires » 30-31 mai, 1er juin 2018, Nantes



Axe 1 « Les jeunes en situation de décrochage scolaire : facteurs de risque, motifs d'interruption, insertion professionnelle »

Les risques de décrochage scolaire relèvent de multiples combinaisons de facteurs sociaux, économiques, institutionnels et sanitaires. En particulier, certaines caractéristiques sociodémographiques et scolaires des jeunes en situation de décrochage scolaire sont désormais bien établies : plus souvent de milieu défavorisé, rencontrant des difficultés précoces dans les apprentissages scolaires (Afsa, 2013), les jeunes en décrochage ont connu plus fréquemment une scolarité perturbée. D'autres facteurs de risque familiaux, interpersonnels, individuels, psycho-sociaux ou liés à l'expérience scolaire (situation familiale, genre, influence des pairs, orientation contrainte, territoires, établissements scolaires fréquentés, climat scolaire, états affectifs négatifs, etc.) ont été identifiés (Blaya et Fortin, 2011 ; Boudesseul et al., 2016 ; Janosz, 2000 ; Khouaja et Moullet, 2016 ; Rumberger, 2011). Ces facteurs peuvent aussi être reliés entre eux, de sorte que leur cumul augmente encore le risque de décrochage. Un premier volet dans le cadre de cet appel à contribution consiste à réinterroger ces facteurs au regard des contextes nationaux ou territoriaux spécifiques.

Un deuxième volet porte plus précisément sur les motifs d'interruption des études. Il existe une variété de motifs de décrochage des élèves du secondaire établis à partir de l'interrogation des jeunes, qu'il s'agisse d'enquêtes quantitatives ou d'entretiens : souhait d'entrée dans la vie active, lassitude de l'école, exclusion de la formation, etc. (Bernard et Michaut, 2016). Au-delà de la définition institutionnelle du décrochage, le cantonnant à l'abandon des études secondaires, l'arrêt prématuré des études supérieures, participant au taux élevé d'échec en première année universitaire, mérite aussi attention, ainsi que les raisons qui le fondent. Il conviendrait ainsi d'enrichir les recherches qualitatives comme quantitatives sur les raisons qui conduisent certains étudiants à interrompre leurs études supérieures. Plus spécifiquement, il est également attendu des travaux sur le regard que portent les jeunes sur leur décrochage et les manières dont ils vivent cette situation, dans le secondaire comme dans le supérieur.
Le rôle « tyrannique » du diplôme sur le marché du travail français conduit ceux qui n'en ont aucun à des situations particulièrement délicates. En effet, les jeunes ayant interrompu leurs études précocement expérimentent une intégration socio-professionnelle plus difficile, plus souvent et plus longtemps au chômage, plus souvent bénéficiaires de l'aide sociale, plus souvent en emploi précaire le cas échéant... Aussi, un troisième volet porte sur l'insertion professionnelle des jeunes en décrochage mais aussi sur leur éventuel retour en formation (Zaffran et Vollet, 2016) et son impact sur l'entrée dans la vie active. Quels sont les éléments du parcours qui vont faciliter ou freiner cette insertion ? Le retour en formation est-il la panacée ? D'autres pistes de remédiation peuvent-elles améliorer les conditions d'insertion professionnelle des jeunes en situation de décrochage. Ces questions font également sens pour les jeunes sortant sans diplôme de l'enseignement supérieur.


Axe 2 « Pratiques pédagogiques et accompagnement des jeunes en décrochage »

Le décrochage scolaire au prisme des pratiques d'accompagnement ouvre trois voies de recherche.

La première porte sur les résultats scolaires, dont on sait qu'ils ne sont pas sans lien avec l'engagement des élèves dans leur scolarité. Un des motifs du décrochage scolaire proviendrait d'une perte du sens de l'école, à cause ou malgré la gestion didactique des enseignants (Bonnéry, 2007 ; Bautier et Rayou, 2009). La seconde porte sur la manière dont les enseignants conçoivent leur métier et considèrent leur travail. Dans ce cas, ce n'est plus tant le lien entre l'échec du point de vue des apprentissages scolaires et le décrochage scolaire qu'il importe d'analyser que le choix des enseignants d'accorder autant - voire plus - d'importance à la relation aux élèves qu'aux apprentissages (Barrère, 2004). Ces deux voies débouchent sur plusieurs questions : quels sont les effets des pratiques des enseignants sur les ruptures scolaires ? En quoi le travail relationnel des enseignants participe-t-il ou non à la prévention du décrochage ? La prévention et l'intervention relèvent-elles seulement des acteurs de l'institution scolaire ? De façon complémentaire, une troisième voie de recherche porte sur les pratiques d'accompagnement des jeunes en situation de décrochage au travers des dispositifs mis en place par l'Éducation nationale, mais également par les Régions et par les autres partenaires institutionnels : que les actions engagées s'inscrivent dans des logiques de prévention, d'accompagnement ou de remédiation, le travail des enseignants (ou des formateurs) peut être réalisé en concertation ou dans une complémentarité avec celui d'autres acteurs institutionnels de l'environnement dans lequel évolue le jeune (Denecheau, Houdeville et Mazaud 2015 ; Zaffran, 2015). Il s'agit donc, dans le cadre de cet axe, d'accueillir des propositions qui traitent des effets du travail des enseignants mais aussi des autres acteurs institutionnels qui travaillent sur le décrochage scolaire considéré sous l'angle de la prévention ou de la remédiation.


Axe 3 : Politiques de lutte contre le décrochage : partenariats, formations et dispositifs

Les politiques de lutte contre le décrochage scolaire, en matière de prévention, d'intervention ou de remédiation, connaissent un double mouvement d'institutionnalisation et de territorialisation. En France, l'instruction interministérielle de 2009 Prévention du décrochage scolaire et accompagnement des jeunes sortant sans diplôme du système scolaire a établi le cadre des nouvelles orientations politiques sur la question du décrochage scolaire.

Ces orientations répondent clairement aux recommandations formulées dès le milieu des années 1990 par la Commission européenne qui non seulement avait fixé la lutte contre le décrochage comme objectif majeur de la politique européenne (Commission européenne, 1995, 2013 ; EURYDICE-CEDEFOP, 2014), mais y avait directement contribué en soutenant les initiatives locales dans les pays, comme la France, où le gouvernement national n'avait pas encore pris la mesure du phénomène.

Dans le cadre de cet axe, le colloque a pour objectif de discuter les analyses portant sur les dispositifs d'action publique mobilisés dans le cadre de la lutte contre le décrochage en France, en Europe et dans le monde. Ce sera l'occasion de s'intéresser aux dispositifs partenariaux et aux modalités de territorialisation qui les accompagnent.

Cet axe de l'appel à communication vise ainsi à susciter la présentation de travaux portant sur :
- l'étude sociohistorique de dispositifs locaux ;
- l'analyse des politiques régionales ou territoriales mettant en évidence la diversité des traductions des mesures prises à l'échelon national ou encore l'inventivité locale ;
- l'analyse monographique ou comparative des instruments d'action publique ;
- l'analyse des systèmes d'acteurs territoriaux mobilisés ;
- l'implication des acteurs économiques et sociaux.

La variété des travaux présentés et le débat entre les contributeurs permettront de s'interroger sur la pertinence de la territorialisation des politiques de lutte contre le décrochage, de mettre en évidence la diversité de leurs effets et de confronter l'expérience française à celles d'autres pays.

mis à jour le : 07/11/2017


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