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Maison des Sciences de l'Homme
Ange-Guépin


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Pratique de la justice dans des sociétés multiconfessionnelles I

9 novembre 2012
15h - 18h

Année 2012-2013 - Thématique : Minorités religieuses en méditerranée occidentale (XIIe-XIVe siècles): Maghreb, Italie, Péninsule ibérique, Provence.

  
Les conférenciers :

  • John Tolan (RELMIN) : L'infidèle devant la justice : introduction et regards comparatifs.
    Quelle est la place, dans les systèmes judiciaires du moyen âge, du minoritaire, qu'il soit dhimmis en terre d'islam ou juif ou musulman en terre chrétienne ? Reconnait-on une autonomie judiciaire des communautés minoritaires pour gérer leurs propres différends ? Quel accès ont les minorités aux systèmes de justice de la société majoritaire ? Dans des sociétés ou souvent les juridictions multiples se croisent, se chevauchent, voire se concurrencent (justice royale, ecclésiastique, seigneuriale ...), quelles sont les stratégies déployées par les minoritaires pour accéder à la justice ?
    Ce sont des questions qu'on se posera tout au long de l'année dans ce séminaire, et cette intervention ne fera que poser quelques jalons. Nous étudierons notamment l'image de la justice et du jugement dans le monde latin médiéval et la place qu'on donne à l'infidèle (particulièrement au juif) dans cette image.

  • Marisa Bueno (RELMIN) : La valeur des mots : Mudéjares comme témoins dans des procès castillans (XIIe-XVe siècles).
    La coexistence entre chrétiens et musulmans dans les différentes villes de Castille a provoqué des conflits qui devaient être résolus devant la justice chrétienne. Les preuves testimoniales avaient alors un rôle essentiel, autant dans les procès civils que criminels. Les mudéjares vivaient dans une situation d'infériorité juridique en ce qui concernait la valeur de ses témoignages. Ces limitations apparaissaient tant dans les Fueros - Fuero de Madrid (1202), Fuero de Soria (1257), Fuero de Sepúlveda (1305)-  que en la législation de Alphonse X, - Las Partidas, Espéculo, Fuero Real, Fuero Viejo de Castilla-  ainsi que dans les dispositions de cours et dans la législation particulier de tous les souverains jusqu'aux Royaumes Catholiques. A partir du XIVe siècle, les mudéjares pouvaient seulement témoigner lors d'un procès en ce qui concernait les conflits entre eux ou d'un procès en relation avec la couronne. La valeur inférieure du témoignage des musulmans sous la domination chrétienne est l'expression d'une dissymétrie dans la loi fondée sur la différence religieuse, comme nous le verrons sur la longue durée : des dispositions des différentes lois municipales jusqu'aux règnes de Ferdinand et Isabelle à la fin du XVe siècle.

  • Ahmed Oulddali (RELMIN) : De l'incapacité des dhimmis à témoigner en justice musulmane : la règle et ses exceptions.
    Au Moyen Âge, les non-musulmans vivant en terre d'Islam (dhimmis) possédaient leurs propres tribunaux communautaires qui statuaient selon la loi rabbinique ou ecclésiastique. Cependant, les conflits impliquant un dhimmi et un musulman relevaient exclusivement de la compétence des qadis (juges musulmans) et devaient être réglés conformément aux principes de la loi islamique. Un de ces principes consiste à n'accepter que le témoignage émanant d'un musulman irréprochable (adl). L'application d'une telle règle rend irrecevable le témoignage des membres des autres confessions. Plusieurs consultations juridiques (fatwas) délivrées par des juristes maghrébins et Andalous vont dans ce sens. Mais les écoles juridiques prévoient aussi certaines exceptions. C'est ainsi que les malikites permettent aux médecins dhimmis de témoigner en justice. Cette autorisation fut élargie à d'autres domaines d'expertise judiciaire.

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Ce séminaire est organisé dans le cadre du projet RELMIN -Le statut légal des minorités religieuses dans l'espace euro-méditerranéen (Ve-XVe siècles). Ce projet de cinq ans (2010-2015) est financé par le programme Idées du septième programme cadre du Conseil Européen pour la Recherche et dirigé par John Tolan, professeur d'histoire à L'université de Nantes.

Ce séminaire est ouvert aux doctorants et aux post-doctorants du projet, ainsi qu'aux chercheurs et aux étudiants en histoire médiévale et antique aux niveaux master et doctorat.

Type :
Séminaire "RELMIN"
Contact :
Maristella Kozomara
Lieu(x) :
Salle de conférences MSH (rdc)
Plan d'accès

mis à jour le : 16/11/2012


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