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Maison des Sciences de l'Homme
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AAC - Colloque "De l'injonction à la créativité à sa mise en oeuvre : quel parallèle entre monde de l'art et monde productif ?"

Du 1 décembre 2014 au 9 janvier 2015

Projet Valeur(s) - Le colloque aura lieu à la MSH les 9 et 10 avril 2015.

Appel à communications
 Date limite fixée au 9 janvier 2015

Ce colloque est organisé dans le cadre du programme pluridisciplinaire Valeur(s) et Utilités de la culture pour un territoire, agréé par le Conseil scientifique de la MSH en novembre 2010.

Argumentaire
Observateurs attentifs et analystes du monde du travail depuis de nombreuses années, nous avons pu constater la présence de plus en plus forte de l'appel à la créativité dans les discours managériaux, qu'ils soient prononcés pour présenter une stratégie, valoriser l'organisation ou accompagner une politique en matière de ressources humaines. Cela n'est sans doute pas sans lien avec la diffusion du numérique qui est au coeur d'une dynamique de changement permanent (Metzger, 2011). Celle-ci conduit à transformer les métiers, les organisations et les filières, mais dont les modalités restent à inventer. L'injonction à la créativité serait-elle alors le nouvel impératif managérial nécessaire à concrétiser cette dynamique ?
De plus, l'usage du numérique rend le contenu du travail encore plus abstrait et ouvre vers de nouvelles possibilités d'activité, de nouvelles formes d'organisation et d'interactions avec le marché. Il devient dès lors plus difficile de caractériser le travail, de l'anticiper et enfin de l'évaluer. L'injonction à la créativité des salariés serait-elle alors mobilisée pour pallier à ces difficultés ? Peut-être s'agit-il, comme le déclame quelques gourous, de l'avènement d'une nouvelle économie qui, opposée à l'économie traditionnelle (ressources naturelles et capital financier), serait basée sur l'innovation, la créativité et la connaissance ?
Le développement et le succès des industries culturelles pourraient être aussi à l'origine de cette injonction à la créativité dans d'autres secteurs productifs. Ceux-ci constitueraient alors ces industries créatives qui deviendraient le modèle à suivre pour innover et accéder à de nouveaux marchés. Cependant, la mise en équivalence entre industries culturelles et industries créatives est artificielle et mérite approfondissement (Bouquillion et al., 2013). En effet, l'oligopole à franges qui caractérise les industries culturelles (Benhamou, 2000) permet aux quelques grandes firmes de profiter du potentiel créatif qui s'exprime avant tout dans la multitude de petites entreprises de ce secteur. Cependant, l'existence de cette multitude de petites entreprises fragiles, qui se montent le plus souvent autour d'un projet ponctuel, sur le marché peu protégé des idées reste très spécifique au secteur culturel (Paris, 2010). Cette particularité peut-elle se retrouver dans des entreprises d'autres secteurs ? Comment s'opère alors la dynamique créative dans des secteurs plus traditionnels où les nouveaux entrants sont rares ? Peut-elle alors rester interne à l'entreprise ?
La créativité est surtout associée au monde de la culture, aux oeuvres artistiques, à l'imagination, à l'inventivité, au talent et à la virtuosité propre aux artistes. Cependant ceux-ci évoluent dans un monde de contraintes, sont en forte concurrence sur un marché, mobilisent les outils numériques, etc. Comment cela s'intègre dans les pratiques des artistes ? Les spécificités des activités de création, comme l'importance du risque et de la dimension construite de la valeur des produits, sont-elles revisitées par le numérique ? Internet et ses potentialités de diffusion et de médiation numériques avec les publics transforment également le travail de l'artiste, qu'en est-il ?
Ce colloque aura pour objectif d'y regarder d'un peu plus près : il permettra de nous interroger sur cette injonction à la créativité : au-delà du discours, qu'est-ce qu'être créatif au travail ? Quel est le rôle du numérique dans cette évolution, et comment les possibilités et contraintes du numérique opèrent sur le travail des artistes ?
Autrement dit, il s'agira d'interroger l'hypothèse proposée par (Menger, 2002) à savoir que non seulement les activités de création artistique ne sont pas ou plus l'envers du travail, mais qu'elles sont au contraire de plus en plus revendiquées comme l'expression la plus avancée des nouveaux modes de production et des nouvelles relations d'emploi engendrés par les mutations récentes du capitalisme. Dans ce débat sur l'art et la culture, comme principe de fermentation du capitalisme (Boltanski et Chiapello, 1999), nous n'interrogerons pas ici les relations d'emploi mais l'activité même du travail, qu'il soit artistique ou non.
Cette mise en perspective du monde de l'art et de la culture d'une part, et du travail en entreprise d'autre part, permettra de mieux appréhender les dimensions individuelles et collectives de la créativité. Il apparaît difficile d'être créatif au travail sans considérer le collectif. Dans la gestion de projet, le déploiement des méthodes agiles serait-il le nouvel apanage des managers pour articuler ces deux dimensions ?
D'autre part, Howard S. Becker regarde l'art comme « un travail, en s'intéressant plus aux formes de coopération mises en jeu par ceux qui réalisent les oeuvres qu'aux oeuvres elles-mêmes ou à leurs créateurs au sens traditionnel » (Becker, 1988 (1982) : 21). Or, du fait de son caractère éclaté, valorisant l'acte unique, faisant souvent l'objet de déni de son caractère organisé, hiérarchique et parfois conflictuel, le travail artistique est difficile à saisir dans ses dimensions collectives (Buscato, 2008). La notion de créativité ne permet-elle pas de jouer de la confusion entre ses deux dimensions : individuelle et collective ?

Nous proposons quatre axes pour aborder cette question :
  • Axe 1 : Interroger le caractère hégémonique du discours sur la créativité
  • Axe 2 : Interroger une possible mise en oeuvre de cette « injonction à la créativité »
  • Axe 3 : Interroger l'éventuel paradoxe de l'organisation de la création
  • Axe 4 : Le statut et le travail d'artiste revisités par le numérique

Références indicatives

Soumission d'une proposition

Publication


Responsables scientifiques

Anne-France KOGAN, Ecole des Mines de Nantes, LEMNA, GER Lilith
Yanita ANDONOVA, Université Paris 13, LabSIC, GER Lilith

Comité d'organisation
Anne-France KOGAN
Yanita ANDONOVA
Lucile LE CLAIRE

Comité scientifique
ANDONOVA Yanita
BOLDRINI Jean-Claude, Université de Nantes, LEMNA
BOUILLON, Université Rennes 2, Prefics
BOUQUILLON Philippe, Universités Paris 13, LabSIC
GAUZENTES Claire, Université de Nantes, LEMNA
KOGAN Anne-France, Institut Mines-Telecom, Nantes, LEMNA
METZGER Jean-Luc, Orange SENSE
PAILLER Danielle, Université de Nantes, LEMNA
PARIS Thomas, HEC Paris, CRG
PECAUD Dominique, Université de Nantes, LEMNA
SAGOT-DUVEROUX Dominique, Université d'Angers, GRANEM
SCHIEB-BIENFAIT Nathalie, Université de Nantes, LEMNA
RAICHVARG Daniel, Université de Bourgogne, CIMEOS
VIDAL Geneviève, Universités Paris 13, LabSIC

Type :
Colloques et journées d'études
Contact :

mis à jour le : 12/03/2015


Documents à télécharger

Calendrier

  • Date limite d'envoi des propositions
    9 Janvier 2015
  • Décision du comité scientifique
    15 février 2015
  • Programme définitif du colloque
    Mars 2015
  • Tenue du colloque
    9-10 Avril 2015

Site web du projet Valeur(s)

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